Flibustier

Colonisation des Petites Antilles (1624 à 1660)

Décennies 1630 1640 1650 1660

En 1620

D' Esnambuc commande aux Antilles en course La Marquise, armée à Dieppe.

En 1623

Il est à nouveaux aux Isles en course comme capitaine de L'Espérance.

28 janvier 1624

Le capitaine Thomas Warner et 16 autres Anglais (dont son fils Edward, âgé de 13 ans) s'établissent à Saint-Christophe. - En 1620, Warner s'était embarqué avec le capitaine Roger North pour la Guyane. North y débarqua quelques uns de ses hommes, dont Warner et le capitaine Thomas Painton puis retourna en Angleterre. En 1622, Painton et Warner avaient quitté la Guyane pour s'établir à Saint-Christophe, où ils signèrent un traité avec le chef caraïbe Tegreman. Après plusieurs mois à Saint-Christophe, Warner était retourné à Londres où il s'associa avec un ami, le navigateur John Jeaffreson, et le marchand Ralph Merifield, Painton étant mort entre-temps.

19 septembre 1624

À Saint-Christophe, une tempête dévaste la plantation de tabac de Warner.

18 mars 1625

Venant d'Angleterre sur le Hopewell, Jeaffreson débarque à Saint-Christophe.

début septembre 1625

Venant des Antilles, Warner arrive en Angleterre avec 9500 livres de tabac pour défrayer les coûts de son expédition.

25 septembre 1625

Le roi d'Angleterre accorde au marchand Merifield ainsi qu'à ses associés et à leurs agents le droit de commerce à Saint-Christophe, Nevis, Barbuda et Montserrat.

v. octobre 1625

Ayant été gravement endommagé lors d'un combat contre un galion espagnol de 400 tonneaux et 35 canons à la côte de Cuba, un brigantin français, de quatre canons et 40 hommes, fait escale à Saint-Christophe. Son capitaine, Pierre Belain sieur d'Esnambuc et son associé rouennais Urbain de Roissey sieur de Chardonville y trouvent 80 Français, rescapés d'une expédition en Guyane conduite par le Lyonnais Chantail, qui avaient trouvé refuge dans l'île l'année précédente. novembre et décembre 1625. Alliés aux Anglais avec lesquels ils partagent l'île, les Français, commandés par MM. d'Esnambuc et de Roissey repoussent deux attaques lancées par 500 Indiens Caraïbes.

été 1626

MM. d'Esnambuc et Roissey sont de retour en France en provenance de Saint-Christophe où ils ont laissé un lieutenant et d'où ils ont rapporté du tabac.

31 octobre 1626

En France, fondation de la Compagnie de Saint-Christophe, avec un capital 45 000 francs, son principal actionnaire étant le cardinal de Richelieu. Les actionnaires en devront supporter toutes les dépenses en retour de 50% de toute la production de l'île; Esnambuc et Roissey recevront 10% du profit de toutes les transactions; Richelieu fait ajouter que 10% des revenus iront au Roi.

24 février 1627

MM. d'Esnambuc et de Roissey-Chardonville quittent la France pour l'Amérique, le premier ayant recruté, au Havre, 322 hommes, qui s'embarquent sur la Catholique; et le second 210 hommes en Bretagne qui prennent placent sur la Victoire et la Cardinale.

8 mai 1627

Esnambuc, Roissey-Chardonville et leurs colons, dont la moitié ont péri durant la traversée ou mourront peu après, débarquent à Saint-Christophe.

13 mai 1627

Ayant chassé de Saint-Christophe la majorité des Caraïbes dont le chef Tegreman qui trouve la mort lors d'un combat, Warner et d'Esnambuc signent le premier traité anglo-français (renouvellé en 1638, 1644, 1649, 1655 et 1662), dont l'une des clauses stipule qu'en cas de guerre en Europe, Anglais et Français de Saint-Christophe ne s'y mêleront pas. - À cette époque, d'Esnambuc commande à Capsterre, avec Pointe-de-Sable comme quartier; et son associé Roissey-Chardonville à Basseterre.

mai 1628

Après diverses aventures, Roisset-Chardonville est de retour à Saint-Christophe, sur la Cardinale avec 150 colons. - Passé en France l'année précédente, il avait suivi, peu de temps après son arrivée en Europe, le commandant Isaac de Razilly et entrepris une expédition secrète en Irlande. Mais la Compagnie était parvenue à le renvoyer aux Antilles.

22 juillet 1628

À la tête d'une centaine d'Anglais, Anthony Hilton, s'établit à Nevis. - Il avait auparavant quitté l'Angleterre avec l'intention d'aller en Virginie, mais, s'étant ravisé il était allé à Saint-Christophe. Puis Il avait recruté des colons en Irlande. Son établissement, fondé avec la permission de Warner, fut malheureusement détruit par les Indiens. De retour en Angleterre, il avait accepté une offre du marchand Thomas Littleton, qui venait de recevoir une patente du comte de Carlisle pour coloniser quelque petite île.

février 1629

Ayant été informé de l'envoi aux Antilles d'une forte flotte espagnole sous les ordres de l'amiral de Toledo, le cardinal de Richelieu ordonne à Jean Baradet sieur de Cahuzac de s'y rendre avec dix navires pour assister les colons de Saint-Christophe, en compagnie d'Esnambuc qui était repassé en France.

juillet 1629

La flotte de Cahuzac mouille à Basseterre où d'Esnambuc débarque 300 colons et retrouve son associé Roissey-Chardonville. Cahuzac ayant saisi plusieurs bâtiments anglais, les Français forcent Edward Warner, commandant les Anglais en l'absence de son père Thomas, à respecter les limites du territoire que le traité de 1627 lui accordait. - Cahuzac enverra ensuite le capitaine Giron sur la piste de la flotte espagnole. Il ira lui-même à Saint-Eustache y établir des colons, y érigeant même un fort que les Hollandais utiliseront plus tard. Dans cette île, Cahuzac renverra la Cardinale en France; et deux autres de ses navires partiront en croisière. Entre-temps Giron, ayant été démâté par une tempête, trouvera refuge à Saint-Martin. Ainsi Cahuzac n'aura plus que deux bâtiments sous ses ordres lorsqu'il apercevra la flotte de l'amiral de Toledo et il ne pourra venir en aide à ceux de Saint-Christophe.

août 1629

En provenance d'Espagne, le capitaine général don Fadrique de Toledo, commandant une flotte comptant entre 17 galions et 38 navires de guerre, selon les estimations, arrive aux Antilles.

début (ou le 16) septembre 1629

À Nevis, Henry Hawley, représentant du comte de Carlisle qui venait de visiter la Barbade et d'en démettre le gouverneur, reçoit à son bord le gouverneur Anthony Hilton dont il empêche le navire d'appareiller pour l'Angleterre pour recevoir des instructions de Carlisle. Soudain les Anglais aperçoivent la flotte de l'amiral de Toledo, forte de 16 galions, 29 navires et 8 galiotes. Hilton coupe alors ses câbles et rallie Saint-Christophe. Toledo s'empare ensuite de huit navires anglais. Le lendemain, John Hilton, le frère du gouverneur fugitif, se rendra à l'amiral espagnol.

6 (ou 18) septembre 1629

La flotte de Toledo apparait près de Basseterre (St-Christophe). Roisset de Chardonville se prépare à une bataille défensive. L'un de ses officiers, le jeune et fougueux Simon Dyel du Parquet, un neveu d'Esnambuc, se lance contre les Espagnols auxquels il livre un farouche combat. Blessé et abandonné de la plupart des siens, il est épargné par un officier espagnol qui le conduit sur le navire de l'amiral Toledo: malgré les soins de ce dernier, le jeune homme mourra un mois plus tard. Quant à Roissey, il retraite et rejoint d'Esnambuc: les Français gagnent Antigua. Désertés par leurs alliés, les Anglais, restés au fort français de Basseterre, capitulent. - Avant et pendant l'affrontement, plusieurs engagés français et anglais se joignent aux Espagnols. Après avoir combattus côte à côte pendant quelque temps, Français et Anglais se rendent: 2000 sont embarqués sur six navires et retournés en Angleterre; 800 autres, tous catholiques, sont forcés de prêter allégeance au Roi d'Espagne puis conduits à Cartagena d'où ils seront transférés à La Havane le printemps suivant. - Trois semaines après leur fuite de Saint-Christophe, les Français atteindront Saint-Martin où Roissey soudoiera l'un des capitaines et le convaincra de retourner en France où Richelieu le ferra embastiller. Entre-temps Esnambuc dispersera ses hommes sur Anguilla et Saint-Barthélémy puis se rendra à Antigua où il trouvera le capitaine Giron. Ce dernier ira alors à Saint-Christophe dont les colons qui restent, en majorité anglais, lui refuseront l'accès. Giron capturera alors deux bâtiments anglais, reviendra avec 350 Français et les rétablira sans tirer un coup de feu. Le calme revenu, le gouverneur Warner, à son retour d'Angleterre, créera une milice sous les ordres de son associé Jeaffreson, qui recevra le grade de colonel.

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