Colonisation des Petites Antilles (1624 à 1660)
Décennies

1631
La Cardinale débarque à Saint-Christophe une délégation de militaires,
chargés de négocier avec les habitants pour réduire les droits qu'ils doivent
payer à la Compagnie. Vers cette époque, un corsaire néerlandais nommé Pitre
Cotté vient y vendre des nègres récemment pris sur un espagnol.
fin 1631
Charles Liénard sieur de L'Olive arrive à Saint-Christophe où il a
été envoyé par Richelieu pour exercer les fonctions de lieutenant-gouverneur.
Belain d'Esnambuc lui adjoint le jeune Guillaume d'Orange. - Olive enverra
ensuite Orange explorer la Guadeloupe, la Dominique et la Martinique.
fin 1634
Venant des Antilles, MM. d'Olive et d'Orange débarquent à Dieppe où
ils rencontrent Jean Duplessis sieur d'Ossonville, ex-membre de l'expédition Cahuzac.
12 février 1635
Fondation de la Compagnie des Isles d'Amérique, qui succéde à
la Compagnie de Saint-Christophe Ses directeurs, sous la présidence de Nicolas
Fouquet, accordent aux sieurs Liénard de L'Olive et Duplessis d'Ossonville le
privilège de coloniser la Guadeloupe, la Dominique ou la Martinique.
7 mars 1635
Richelieu obtient la nomination de Pierre Belain d'Esnambuc
comme gouverneur général pour le Roi des Isles d'Amérique, commandant aux
gouverneurs nommés par la nouvelle compagnie.
25 mai 1635
Duplessis d'Ossonville et L'Olive quittent Dieppe, sur deux
navires, pour les Antilles, emmenant avec eux les dominicains Pierre Pélican,
Raymond Breton, Nicolas Bréchet et Pierre Gryphon chargés d'évangéliser les Caraïbes.
juin 1635
Duplessis d'Ossonville et L'Olive arrivent à la Martinique. - Ils
visiteront ensuite la Guadeloupe où il s'établiront.
fin août 1635
D'Esnambuc rassemble 150 colons pour aller prendre possession de la Martinique sur laquelle il croit que L'Olive a des visées.
1er septembre 1635
M. d'Esnambuc débarque à la Martinique.
16 septembre 1635
Un navire dieppois arrive à la Guadeloupe pour ravitailler
la colonie Duplessis-L'Olive, laquelle a beaucoup souffert de la faim et des
attaques indiennes.
mi-novembre 1635
M. d'Esnambuc quitte la Martinique après y avoir construit
un fort et placé Jean du Pont comme gouverneur.
17 novembre 1635
En retournant à Saint-Christophe, d'Esnambuc s'arrête à
Dominique où il laisse comme gouverneur Philippe Levayer de La Vallée. - Les
Français se retireront bientôt de l'île et seul le clergé y aura une mission.
Entre-temps, les Caraïbes de la Martinique, alliés à ceux de la Guadeloupe, de
la Dominique et de Saint-Vincent, soit 1500 guerriers, attaqueront Du Pont à
la Martinique. Mais, après avoir été victimes d'une slave mortelle des
Français, les Caraïbes concluront avec eux un traité. Du Pont ira ensuite à
Saint-Christophe pour rendre compte de son gouvernement à d'Esnambuc, mais il
sera pris en route par les Espagnols qui le garderont prisonnier pendant trois
ans à Santo Domingo.
4 décembre 1635
À Guadeloupe, mort de Jean du Plessis d'Ossonville. Son
associé, M. de L'Olive est alors à Saint-Christophe pour demander à M.
d'Esnambuc pour une expédition contre les Caraïbes, ce qui est contraire aux
ordres de la Compagnie.
26 janvier 1636
De retour à la Guadeloupe, L'Olive déclare la guerre aux
Indiens en prenant soin de trouver un causus belli. Or, ceux-ci ont pris une
rolle de vêtements de coton et laissé des porcs et des fruits en échange sans
permission. L'Olive les accuse de vol. Malgré la désapprobation des
dominicains, notamment du père Breton, les raids continueront pendant trois ans.
1636
Le père Pélican quitte la Guadeloupe pour la France, L'Olive espérant
qu'il parlera en sa faveur. M. d'Esnambuc nomme son neveu Jacques Dyel du
Parquet lieutenant gouverneur de la Martinique en remplacement de Jean du
Pont, prisonnier des Espagnols à Santo Domingo. - Jacques Dyel avait servi
comme capitaine dans le régiment de Picardie. Il avait quitté un poste
important à Calais et mit le cap pour l'Amérique en 1634.
décembre 1636
Mort du général d'Esnambuc, malade depuis plus d'un an. La
Compagnie nomme peu après le Gascon du Halde comme lieutenant-gouverneur de Saint-Christophe.
26 janvier 1637
À la Guadeloupe, L'Olive accorde une terre aux dominicains,
ce qui lui vaudra d'être reconfirmé comme gouverneur par Richelieu (lettre du
12 déc. 1637).
mai 1637
En Espagne, le Conseil des Indes rapporte au Roi que la Guadeloupe
et la Martinique sont aux mains des Français.
9 septembre 1637
Le roi de France interdit à du Halde, lieutenant-gouverneur
de Saint-Christophe, de quitter son poste sans l'approbation de la Compagnie.
2 décembre 1637
La Compagnie confirme Jacques Dyel du Parquet comme
lieutenant-gouverneur de la Martinique pour les trois prochaines années.
15 février 1638
Le roi de France délivre une comission nommant Philippe de
Longvilliers chevalier de Poincy commandeur d'Oysemont gouverneur général des
Isles d'Amérique. - Chevalier de l'Ordre de Malte, Poincy avait perdu son
titre de vice-amiral de France à la suite d'une querelle avec l'archevêque de
Bordeaux, Henri d'Escoubleau de Sourdis. Il avait été proposé, à Richelieu
pour le poste de gouverneur général par René de Beculat sieur de La
Grange-Fromenteau, que la Compagnie avait d'abord retenu pour succéder à
d'Esnambuc; La Grange se propose d'être seulement lieutenant-gouverneur à
Saint-Christophe sous les ordres de Poincy, que la Compagnie a aussi fait
gouverneur de cette île.
avril 1638
Poincy envoie La Grange prendre possession du gouvernement de
Saint-Christophe en son nom; le lieutenant-gouverneur amène avec lui sa
famille et plusieurs gentilhommes.
1638/1639
Introduction de la canne à sucre à la Martinique par un marchand
néerlandais, le sieur Trezel. À cette époque, la Compagnie confie à l'un de
ses directeurs, Charles Houël sieur de Petit-Pré, la direction de son
implantation à la Guadeloupe.
12 janvier 1639
Poincy quitte la France pour aller prendre possession du
gouvernement général des Isles d'Amérique.
20 février 1639
Après des escales à la Martinique, alors gouvernée par Dyel
du Parquet et à la Guadeloupe, gouvernée par L'Olive qui est malade et à
moitié aveugle, Poincy arrive à Basseterre (Saint-Christophe).
octobre 1639
À Saint-Christophe, Poincy et le gouverneur anglais Thomas
Warner interdisent la culture du tabac pour un an et demi: en métropole,
l'offre trop abondante avait fait baisser dramatiquement les prix. - Poincy
tentera aussi de l'interdire à la Guadeloupe, mais L'Olive refusera
d'appliquer la prohibition, puisqu'il avait promis ses récoltes à prix fixe
pour les six prochaines années à des marchands dieppois, lesquels ne lui
avaient toutefois pas envoyé les futurs colons dont il a tant besoin.
Complètement aveugle, L'Olive ira à Nevis (pour prendre des bains de soufre
pour lesquels l'île était fort réputée, mais qui ne lui feront aucun bien),
puis à Saint-Christophe demander de l'aide à Poincy, lequel le fera incarcérer
pour insubordination. Le commis de la Compagnie, Voléry, qui gouvernait la
Guadeloupe en l'absence de L'Olive, sera attaqué par les Indiens et demandera
du secours à Poincy.
novembre 1639
La Grange quitte Saint-Christophe pour la France, regrettant
probablement l'arrangement fait avec Poincy: son épouse et lui avaient rendu
la vie impossible au général et avaient, semble-t-il, voulu attenter à sa vie,
ce qui finalement avait provoqué son renvoi.
v. 1640
Le premier établissement français à la Guadeloupe faillit être
anéanti par la famine: on en fut réduit à faire la guerre aux Indiens Caraïbes
pour s'emparer de leurs vivres.
1639 et 1640
Le général de Poincy envoie comme gouverneur de la Guadeloupe,
Jean Soulon sieur de Sabouïlly. Par ailleurs, il renvoie Jean Aubert, venu à
Saint-Christophe comme chirurgien et qui y avait épousé la veuve de Duplessis
d'Ossonville, en France pour convaincre les autorités de vendre
Saint-Christophe aux Anglais et de faire de la Guadeloupe leur capitale. À la
fin de 1639, une insurrection nègre sévit à Saint-Christophe.
7 janvier 1640
À Dieppe, départ des dominicains Nicolas de La Mare,
Jean-Baptiste du Tertre, Jean de Saint-Paul ainsi que trois frères lais pour
la Guadeloupe. - Le R.P. du Tertre (né à Calais en 1610) avait servi les
Hollandais comme marin dans une expédition au Groenland. Il s'était ensuite
enrôlé dans l'armée, étant présent au siège de Mastriecht en 1633 avant
d'entrer les ordres.
mi-janvier 1640
À la tête de 132 hommes, M. de Sabouïlly quitte
Saint-Christophe pour la Guadeloupe à dessein d'y prendre possession de son
gouvernement. - Il sera bientôt suivi par un autre groupe, commandé par le
sieur de La Vernade. Tous repousseront ensuite les Indiens, lesquels s'en
iront piller Antigua où ils captureront la femme du gouverneur Edward Warner.
20 janvier 1640
Après l'attaque des Indiens contre l'habitation d'un certain
Lespérence, Poincy ordonne à Dyel du Parquet, de prendre toutes les mesures
qu'il jugera utiles pour chasser les Caraïbes de la Martinique. - Vers cette
époque, Poincy reçoit froidement les deux jésuites (les premiers à venir aux
Antilles) envoyés par Nicolas Fouquet; car il préfère la compagnie des
capucins. Mais, grâce à l'excellent travail du père jésuite Jacques Bouton, il
deviendra leur plus enthousiaste partisan.
4 avril 1640
La Compagnie nomme Jean Aubert, qui a échoué dans la mission que
lui a confié Poincy visant à vendre Saint-Christophe aux Anglais, gouverneur
de la Guadeloupe.
mai 1640
Les Caraïbes sont de retour à la Guadeloupe, mais sont encore
vaincus par Sabouïlly et La Vernade
septembre 1640
Jean Aubert arrive à la Martinique, dont le gouverneur, Dyel
du Parquet, l'enjoint de faire la paix avec les Caraïbes, se proposant de
servir de médiateur à cette fin.
15 septembre 1640
Après avoir été amicalement reçu par les Indiens à la
Dominique, Aubert débarque à la Guadeloupe où ses plan de paix ne sont pas
bien accueillis par Sabouïlly et les autres habitants, qui ne font pas
confiance aux Indiens.
décembre 1640
Après un séjour à Saint-Christophe où il a prêté hommage à
Poincy et obtenu l'aide de ce dernier qui ne semble pas éprouver de
ressentiment contre lui, Jean Aubert arrive à la Guadeloupe dont il prend
officiellement le gouvernement. Cependant une cabale, menée par le juge
Joachim Monnier de La Rivière et Le sieur de La Ramée, se forme contre lui
sous prétexte qu'il usurpe l'autorité du vrai chef, l'aveugle L'Olive (dont
Aubert est un ancien lieutenant) que Poincy a renvoyé dans l'île dans l'espoir
de créer des difficultés au nouveau gouverneur. - Mais L'Olive ne parviendra
pas à rassembler assez de mécontents à la Guadeloupe et retournera bientôt à
Saint-Christophe. Peu de temps après, Aubert recevra des Indiens Caraïbes,
dont le capitaine Baron, et fera la paix avec eux.