Colonisation des Petites Antilles (1624 à 1660)
Décennies
1er mai 1641
La Compagnie reporte Poincy comme gouverneur de Saint-Christophe
pour trois ans à compter du 1er janvier 1642. De son côté, le Roi le
reconfirme dans ses fonctions de gouverneur général. À l'encontre de la
tradition, Poincy omet de faire lecture publique de sa nouvelle commission.
Les colons, insatisfaits de son administration, font courir le bruit qu'il
n'est plus gouverneur en fabriquant une fausse commission. - Poincy fera alors
arrêter l'ancien capitaine Des Marets, un fauteur de troubles notoire, qui,
après un procès truqué, est condamné à mort. Grâce à la complicité des
capucins et de son épouse, Des Marets s'enfuira dans la partie anglaise. Mais
les Anglais retourneront bientôt le fugitif à Poincy: Des Marets sera décapité
à Basseterre. Après cette action, Poincy perdra le respect et l'affection de
ses gens. Il interdira ensuite le commerce avec les étrangers et nommera sept
commis pour distribuer les biens, prenant un profit de 40% sur toutes les
transactions. De plus, un certain Clément Bugaud conduira une révolte,
rapidement matée: Bugaud et les siens seront déporté en Guyane où ils
fonderont une petite colonie.
mai 1642
Le roi de France reconduit les privilèges de la Compagnie des Isles
d'Amérique pour 20 ans. - Entre-temps l'un de ses directeurs, Charles Houël,
qui avait exploré les Antilles à la recherche d'îles à coloniser, recevra de
ses collègues une commission le nommant gouverneur de la Guadeloupe où il
gardera toutefois Jean Aubert comme lieutenant-gouverneur.
1er octobre 1642
Claude Clerselier de Leumont, conseiller du Roi, reçoit une
commission d'intendant des Isles d'Amérique pour mettre un frein aux exactions
des commis de la Compagnie envers les habitants. Il entrera en fonction le 1er
janvier 1643 pour trois ans.
4 décembre 1642
Mort du cardinal de Richelieu.
3 mai 1643
Charles Houël de Petit-Pré débarque à la Guadeloupe qu'il trouve
dans un état lamentable. - Des «filles à marier», sorties de l'hôpital
Saint-Joseph de Paris, arriveront dans l'île. Leur patrone, de Mlle de La
Fayolle, se présentera devant le gouverneur Houël avec des lettres de
recommandations de la reine de France et de dames de la Cour: Houël les logera
temporairement chez les Aubert.
12 octobre 1643
À la Guadeloupe, Houël installe Mlle de La Fayolle et ses
filles dans une résidence qu'il a fait construire en vitesse à la
Case-du-Borgne. - Il se rendra ensuite à Saint-Christophe où volontairement ou
non il fera entorse à l'étiquette en rencontrant d'abord l'intendant de
Leumont au lieu du général de Poincy. De retour à la Guadeloupe, il achètera
l'habitation Aubert pour 18 000 livres de tabac. Quant à Aubert, il partira
pour Saint-Christophe avec sa femme; Houël fera alors publier des rapports
selon lesquels il avait voulu troubler la paix avec les Caraïbes. Poincy, qui
découvre le complot contre l'infortuné Aubert, ne goûtera point les manières
de Houël qui avait produit comme témoin un nommé Du Rivage. Craignant que
Poincy ne vienne en personne se rendre compte de la supercherie, Houël ira en
France avec ses témoins pour plaider l'affaire devant les directeurs de la Compagnie.
3 juin 1644
La Compagnie délivre une commission faisant de Robert de
Longuevilliers, gouverneur de Saint-Christophe pour trois ans à partir du 1er
janvier 1645, sur recommandation de l'oncle de ce dernier, le général de Poincy.
3 novembre 1644
L'intendant de Leumont arrive à la Guadeloupe où il a été
envoyé par Poincy pour remplir les fonctions de gouverneur. À son départ pour
la France, Houël avait nommé Antoine Marivet par intérim. La population
renverra bientôt à Saint-Christophe le représentant du général.
5 décembre 1644
L'intendant de Leumont est de retour à Saint-Christophe sur
le navire du capitaine Volléry. Entre-temps à la Guadeloupe, le gouverneur
Marivet est destitué et emprisonné à l'instigation de Mathurin Hedouin et de
Mlle de La Fayolle; il ne sera libéré que huit mois plus tard au retour de
Charles Houël.
20 février 1645
La reine de France choisit Noël Patrocles sieur de Thoisy,
fils de son écuyer, pour succéder à Poincy comme gouverneur général des Isles
d'Amérique, le nommant aussi sénéchal de Saint-Christophe (ce qui lui donne le
contrôle de la justice dans l'île); le neveu de Poincy, Robert de Longvilliers
est confirmé comme gouverneur de l'île pour la Compagnie. Longvilliers part le
premier avec des lettres annonçant la nomination de Thoisy. - Entre-temps
Aubert, revenu de Paris, où il s'était défendu en vain contre les accusations
de Houël, est de retour à Saint-Christophe: il informe le général des
tractations de leur rival. Après avoir expulsé de l'île les capucins qu'il
juge responsables de ses malheurs, Poincy s'attache la personne du capitaine
Giraud. Il expulse ensuite l'intendant de Leumont qui se réfugie à la
Guadeloupe, puis son propre ami Sabouïlly (qui avait affirmé être loyal au Roi
et refusé d'épouser la nièce du général) lequel n'a d'autre choix que d'aller
à la Martinique.
29 mai 1645
Retour de Houël à la Guadeloupe. Voulant se concilier Hedouin et
sa clique, il ne libère pas immédiatement Marivet.
2 juin 1645
Houël présente à la Guadeloupe la commission de gouverneur
général de Thoisy.
22 août 1645
Houël présente à la Martinique la commission de gouverneur
général de Thoisy.
13 septembre 1645
Thoisy quitte le Havre sur le navire du capitaine Bontemps;
il est accompagné par le capitaine de sa garde, Jean-François Parisot de
Boisfaye, lequel possède une commission de lieutenant au grand prévost de
France, le marquis des Souches.
17 novembre 1645
Thoisy débarque à la Martinique où il rencontre le MM. du
Parquet, de Sabouïlly et de Leumont.
21 novembre 1645
M. de Thoisy débarque à la Guadeloupe où il est reçut par
Houël. Sabouïlly propose alors de nommer son protégé M. de Guinant comme
gouverneur de Saint-Christophe au cas où Longvilliers se révolterait avec son
oncle le général de Poincy.
22 novembre 1645
Thoisy, Sabouïlly et Leumont quittent la Guadeloupe.
25 novembre 1645
Thoisy mouille à Basseterre (Saint-Christophe). - Le
lendemain, le capitaine de Boisfaye tentera de lire la commission de Thoisy à
la population, mais il en sera empêché par Jean Aubert. Ensuite Thoisy enverra
Guinant vers Thomas Warner (auprès duquel se trouvait déjà M. de La Vernade,
messager de Poincy), mais cet émissaire sera mal reçu: Thoisy retournera à la
Guadeloupe. Les neveux du général de Poincy, MM. de Longuevilliers et de
Treval commandent alors à Pointe-de-Sable.
28 novembre 1645
Retour de Thoisy à la Guadeloupe où se trouvent Jacques de
Saint-Aubin et Jean Le Comte, cousins de Dyel du Parquet, venus de la
Martinique où ils s'étaient refugiés pour échapper aux injustices de Poincy,
résolus à l'aider.
17 janvier 1646
Thoisy délivre à M. du Parquet une commission le nommant
gouverneur de Saint-Christophe en raison de la rébellion de Longvilliers qui a
pris le parti de son oncle Poincy. Plaçant Jerôme du Sarrat sieur de La
Perrière comme gouverneur par intérim à la Martinique, M. du Parquet se
prépare à prendre possession de son gouvernement de Saint-Christophe.
18 janvier 1646
Tandis que Thoisy va à Nevis, M. du Parquet et ses deux
cousins se rendent à Saint-Christophe. À Pointe-de-Sable, il lit la commission
de Thoisy et voit la majorité de la population, dont les capitaines Antoine
Camot et Haussier de La Fontaine, se ranger derrière lui: il fait prisonnier
le gouverneur Robert de Longvilliers et son cousin M. de Tréval. La réplique
de Poincy est immédiate: il lève une armée, qui compte plusieurs Anglais, puis
capture M. du Parquet. Cependant les cousins de ce dernier, Le Comte et
Saint-Aubin, rejoindront Thoisy à Nevis, emmenant avec eux les neveux de
Poincy. À la demande de Thoisy, Houël et Sabouïlly quitteront la Guadeloupe
avec des renforts et le rejoindront à Pointe-de-Sable sur les navires des
capitaines Volléry et Bontemps.
3 février 1646
Retour de Thoisy, Houël et Sabouïlly à la Guadeloupe. Ils
n'ont pu obtenir du général de Poincy la liberté de M. du Parquet. -
Entre-temps Poincy met à prix les têtes des capitaines Camot et de La Fontaine
dont les biens sont confisqués et les partisans doivent s'enfuir. La Fontaine
et Camot, après plusieurs jours cachés dans les bois, ils seront recueillis à
bord d'un navire flessinguais, commandé par le capitaine Bréda, un ami du
premier: ils regagneront la France où ils comparaîtront devant la Reine et
recevront une récompense pour leur dévouement à Thoisy.
28 avril 1646
Contre l'avis de ses amis, Thoisy publie la proclamation royale
(datée d'août 1645) faisant de Houël, déjà gouverneur de la Guadeloupe, le
premier officier de justice de l'île. - Informé de l'enlèvement de ses neveux,
Poincy avait décidé de passer à l'attaque. Il envoie Boutain, commandant un
navire rochelois, pour demander à Auvray de Lespérence, un vieil ami
d'Esnambuc vivant à la Martinique, d'organiser la résistance dans cette île.
Informé de cela par le capitaine Bontemps, Thoisy donne des ordres à
La Perrière, gouverneur de la Martinique par intérim, pour arrêter Boutain.
26 juin 1646
La rébellion commence à la Martinique. Les plus radicaux sont
menés par un ancien gantier de Paris, qui se fait appeler «général» Beaufort
et qui refuse de reconnaître même M. du Parquet l'accusant de travailler
seulement pour les intérêts de la Compagnie. Parmi les chefs des modérés (qui
ne reconnaissent pas Thoisy) se trouvent Mlle Saint-André (née Marie Bonnard),
qui, ayant reçut l'annulation de son premier mariage, en avait contracté un
secret avec M. du Parquet le 21 novembre 1645.
1er août 1646
À la Guadeloupe, Thoisy publie la commission de M. de Boisfaye.
5 août 1646
À la Martinique, Yves Le Cercueil, dit le sieur Le Fort, ami et
partisan de M. du Parquet, se rend chez le gouverneur La Perrière avec
l'intention de l'éliminer s'il se déclare pour les mutins. Là il conspire avec
lui pour se débarrasser de Beaufort.
6 août 1646
Le «général» Beaufort se presente avec 20 hommes (armés à la
façon des boucaniers) et lance un ultimatum à La Perrière. Alors qu'ils
boivent à la santé du Roi, Beaufort et ses gens sont tués par La Perrière et
Le Fort. Ensuite La Perrière demande par écrit à Thoisy du renfort tandis que
Mlle Saint-André lui demande de faire un échange de prisonnier pour le retour
de M. du Parquet.
2 septembre 1646
À la Martinique, Boisfaye publie (par ordre de Thoisy)
l'amnistie pour les mutins et la reconfirmation de La Perrière au poste de
gouverneur par intérim. - Entre-temps, à Guadeloupe, Houël délivre des ordres
secrets à ses officiers pour inciter les colons à prendre les armes et à
chasser, de Basseterre, Thoisy. Mais le père du Tertre, partisan de Thoisy,
tente d'intervenir. Pour mettre fin à ces activités, Houël envoie son
lieutenant Charles de La Forge qui, avec l'aide du capitaine Nicolas Le Roy du
Mé (ancien corsaire), font prisonnier Du Tertre, lequel parvient à s'enfuir
chez Guillaume d'Orange (considéré par tous comme le patriarche de la
communauté, accueillant les nouveaux colons avec son épouse, les soignant,
etc.) puis il retourne à Capsterre où Le Roy du Mé doit céder et retourner à
Basseterre où il trouve la maison de Thoisy encerclée par 250 à 300 homme
commandés par le capitaine La Bazilière. Sabouïlly est envoyé négocier avec
Houël qui tergiverse.
fin décembre 1646
À la Guadeloupe, Thoisy refuse l'invitation de monter à
bord du navire du capitaine Grégoire, car on l'a prévenu qu'il y serait assassiné.
31 décembre 1646
Thoisy s'embarque sur une caravelle portugaise pour la Martinique.
3 janvier 1647
À la Martinique, Thoisy envoie des ordre à Poincy et Houël
pour qu'ils le reconnaissent comme représentant du Roi. De plus, il exige du
second la libération Tréval. Thoisy interdit aussi aux capitaines Béliard et
Grégoire de mener leurs navires à Saint-Christophe. Mais Houël y envoie le
premier avec un message pour Poincy. - Houël s'en prendra à ceux qui ont
appuyé Thoisy à la Guadeloupe, notamment M. de La Ramée qui verra ses biens
confisqués et son habitation brûlée; il pendra même le capitaine La Bazilière,
flageallant, brûlant et bannissant de la colonie plus d'hommes que les
circonstances ne l'exigeaient. Même Guillaume d'Orange subira un procès pour
un complot imaginaire parce qu'il aurait dit quelques jours après noël que le
noël serait bientôt de retour, faisant ainsi allusion à Noël Patrocles de
Thoisy. Houël vourdra même déporter le clergé, mais le navire qui devait les
prendre sera pris à l'ancre par un flibustier portugais. Atteint de la peste
qui sévissait alors dans l'île, Houël se réconciliera avec le chef de la
mission, le père Breton. Incapable de trouver des preuves contre Orange, Houël
lui donnera une amende puis le commandement d'une expédition contre la colonie
anglaise de Barbuda. Mais cette expédition se révélera infructueuse et Houël
confisquera ses biens: Orange quittera alors la Guadeloupe et, après un bref
séjour à Marie-Galante, se rendra à la Martinique où il sera reçu cordialement
par M. du Parquet.
8 janvier 1647
Les capitaines de La Fontaine et Camot reçoivent une chartre
et une commission royale (basée sur l'édit royal de mars 1642) pour fonder une
colonie dans une île. - Financés par Mme Patrocles, ils se rendront à la
Martinique et, incapable de rien faire pour leur colonie, La Fontaine partira
en compagnie de père Pacifique de Provins pour une expédition sur l'Orénoque;
on n'entendra plus jamais parler d'eux.
13 janvier 1647
La Vernade, que Poincy a dépêché à la tête de 800 hommes
suite à la réception de la lettre de Houël transmise par le capitaine Béliard,
débarque à la Martinique. La Pierrière donne alors l'ordre au capitaine Le
Fort d'arrêter Thoisy, alors qu'il se trouvait dans la maison des Jésuites en
compagnie du père Du Tertre. Ensuite, Thoisy et Boisfaye sont embarqués par
La Vernade qui se rendra à la Guadeloupe où le gouverneur Houël remettra
Longvilliers seulement, Tréval étant garder en otage pour s'assurer de la
bonne foi de leur oncle Poincy lequel devait en retour libérer tous les
habitants de la Guadeloupe qu'il gardait prisonniers.
24 janvier 1647
La Vernade, accompagné par Robert de Longvilliers, est de
retour à Saint-Christophe, où il est reçu en un héros. Thoisy et Boisfaye, qui
sont avec lui seront emprisonnés -. Poincy retournera ensuite M. du Parquet à
la Martinique après près d'un an de captivité
30 avril 1647
À la Martinique, le mariage de Jacques Dyel du Parquet et de
Marie Bonnard est publiquement annoncé et bénit par le père Techenel dans la
Chapelle Saint-Jacques. - Entre-temps, à Saint-Christophe, voyant que la
présence de Thoisy risque de susciter une rébellion contre lui, Poincy
l'expédie en France sur un navire commandé par le capitaine Mansel: il a comme
compagnon de voyage ses amis La Ramée et La Fontaine expulsés de la Guadeloupe
par Houël.
17 mai 1647
Arrivée du navire de Mansel à Saint-Malo. Durant le voyage Thoisy
a joué un double jeu, se posant devant Mansel comme un ami de Poincy avec
lequel il s'est entendu pour contrecarrer Houël et comme un ennemi de ce même
Poincy devant l'équipage qui n'apprécie guère le soutien apporté par leur
capitaine à Poincy. - Thoisy restera six semaines à Saint-Malo où il prendra
des procédures contre Mansel comme complice de Poincy puis gagnera Paris où il
entreprendra d'autres procédures contre Poincy et Houël. Après un procès de
six ans, il obtiendra que le premier lui verse 90 000 livres de tabac et le
second 61 715 livres. - Après le départ de Thoisy, ses partisans à
Saint-Christophe furent appelés les «Patrocles». À la Guadeloupe, Houël,
craignant que Sabouïlly, ne soit choisi par la Compagnie pour succéder à
Poincy, il l'invitera à partir. Finalement Sabouilly s'en ira en France où il
passera ses dernières années.
septembre 1647
Une barque, commandée par Jean Pinart et transportant 60
hommes que Poincy préfère ne pas voir passer en France, quitte
Saint-Christophe pour coloniser l'une des îles Vierges, probablement St. John.
Cette expédition est commandée par un certain Le Verrier qui avait participé à
la mutinerie de Bugaud. En arrivant dans l'île, déjà habitée par quelques
Anglais, ils seront attaqués par les Espagnols de Porto Rico qui couleront le
navire de Pinart et les obligeront à s'enfuir dans les montagnes. Ensuite les
réfugiés gagneront Virgin Gorda sur un radeau, puis Saint-Thomas et enfin
Porto Rico où le gouverneur Francisco Maldonaldo les renverra en France.
14 février 1648
Le gouverneur hollandais de l'île Saint-Eustache, Abraham
Adriensen, délivre une commission au capitaine Martin Thomas comme gouverneur
de l'île Saint-Martin, laquelle est alors habitée par un nommé Fichot, trois
Français et cinq Hollandais, lesquels, prisonniers à Puerto Rico, y avaient
été conduits par les Espagnols qui avaient repris l'île (1638) pour démanteler
les fortifications; mais les prisonniers s'étaient sauvés dans les bois.
Fichot s'en ira alors à Saint-Christophe pour avertir Poincy.
6 mars 1648
pour impressionner son homologue de Saint-Eustache, Poincy
délivre une commission de gouverneur de Saint-Martin à son neveu Robert de
Longvilliers. - Quelques jours plus tard, Longuevilliers et Savinien de
Courbon sieur La Tour, comme lieutenant-colonel, débarqueront à Saint-Martin à
la tête de 300 hommes. Une semaine plus tard, le gouverneur Thomas et lui se
sépareront l'île. Ensuite Poincy enverra Jacques Le Gendre et 50 colons
prendre possession de Saint-Barthélémy où huit ans plus tard ils seront
massacrés par les Caraïbesè mais Poincy y renverra du monde et une petite
colonie deviendra permanente.
18 octobre 1648
Le capitaine Le Roy du Mé et le père Du Puy prennent
possession des Saintes, petites îles au sud de la Guadeloupe, au nom du
gouverneur Houël. - Quatre ans plus tard, le sieur du Buisson Le Hazzier y
établira une colonie permanente.
8 novembre 1648
Houël envoie le sieur Le Fort (Cercueil), qui avait quitté la
Martinique à la suite d'un différend avec M. du Parquet, prendre possession de
Marie-Galante. Après 18 mois de travail à établir une colonie, Le Fort et
quelques autres reviendront à la Martinique où ils seront bien reçus par M. du
Parquet qui enverra Le Fort coloniser Grenade.
fin 1648/début 1649
Le gouverneur de la Martinique, Dyel du Parquet envoie le
capitaine La Rivière, commandant une barque, établir une colonie à Grenade. -
En 1638, Poincy, à la suite du rapport de M. de Bonnefoy, avait envoyé des
colons à Sainte-Lucie, mais devant l'hostilité des Indiens, l'entreprise avait
échoué. En 1643, Jean Aubert avait tenté de s'y établir puis la Compagnie
avait envoyé (1645) le sieur Philibert de Noailly sans grand résultat.
14 mars 1649
Le vaisseau du capitaine Jean Le Pelletier (connu sous le nom de
capitaine Le Pas), celui du capitaine Lorimer et les deux barques du capitaine
La Rivière appareillent de la Martinique, portant 145 hommes commandés par le
gouverneur Dyel du Parquet, pour coloniser Grenade que l'expédition atteindra
trois plus tard.
25 mars 1649
À Grenade, le fort Annonciation étant achevé, M. du Parquet
nomme son cousin Jean Le Comte, âgé de 55 ans, comme gouverneur de l'île.
6 avril 1649
À Grenade, après la conclusion d'une alliance avec le chef
caraïbe Kairouane par l'entremise de La Rivière agissant comme interprète, M.
du Parquet retourne à la Martinique sur la barque de ce dernier. Quant au
capitaine Le Pas, il se rend à Saint-Domingue.
20 mai 1649
Informé par Le Comte que Grenade est attaquée par les Caraïbes de
Saint-Vincent et de Dominique, M. du Parquet quitte la Martinique à la tête de
300 hommes.
26 mai 1649
Venant de la Martinique, M. du Parquet débarque à la Grenade où
il remporte une victoire contre les Caraïbes en perdant un seul homme.
7 juin 1649
M. du Parquet quitte la Grenade pour la Martinique, après avoir
fait construire le Fort Saint-Jean où il laisse 70 hommes commandés par Le Fort.
4 septembre 1649
En apprenant la décision de la Compagnie de vendre les Isles
d'Amérique aux particuliers, Houël, le gouverneur de la Guadeloupe, avait
envoyé en France son beau-frère Jean de Boisseret d'Herblay pour acheter cette
île ainsi que Marie-Galente, Désidérade et les Saintes. À cette date, la
Compagnie vend lesdites îles pour 60 000 francs (plus 600 livres de sucre par
an) par un premier contrat pour leur seule propriété; et par un second
habitants, équipement, plantations et machinerie qui s'y trouvent, pour 11 500
francs payables au marchand lyonnais Rosée. En contre-partie, Boisseret (dont
le nom seul apparait sur l'acte de vente) doit assumer les dettes de la
Compagnie pour ces îles; par la suite, Boisseret devra faire un contrat séparé
avec Houël, l'associant à la possession des îles.
1650
Poincy décide d'annexer l'île de Sainte-Croix. En août 1650, les
Espagnols en avaient chassé les colons anglais, qui en avaient évincés les
Hollandais qui s'y étaient établis en même temps qu'eux et dont une poignée
s'était réfugiée dans les collines. Les rescapés avaient alors demandé de
l'aide au colonel Roland Rich, gouverneur de la partie anglaise de
Saint-Christophe depuis la mort de Thomas Warner en 1648. En apprenant ces
nouvelles, le gouverneur hollandais de Saint-Eustache, Abraham Adriensen,
avait envoyé des hommes reprendre l'île pour les Provinces-Unies; mais ils
furent pris par les Espagnols qui ne l'avaient pas encore quitter. Alors
Poincy envoie à Sainte-Croix 160 hommes, commandés par le sieur de Vaugalan,
qui reprend l'île sur les Espagnols.
juin 1650
Dyel du Parquet envoie Louis de Kerengoan sieur de Rosselan,
habitant Saint-Pierre (Martinique) et marié à une Caraïbe, à la tête d'une
cinquantaine d'hommes, coloniser Sainte-Lucie. Rosselan la gouvernera
tranquillement jusqu'à sa mort en 1654. - En 1638, le capitaine anglais
Judlee, envoyé par Thomas Warner, avait colonisé Sainte-Lucie; mais ses colons
en avait été chassé par les Indiens en août 1640.
27 septembre 1650
La Compagnie vend à Jacques Dyel du Parquet, dont elle
avait toujours été satisfaite, la Martinique, Sainte-Lucie, Grenade et
Grenadines pour 41 500 francs. En août 1651, lors d'un séjour en France, M. du
Parquet obtiendra du roi une commission de gouverneur général pour les îles
dont il est propriétaire et pour lesquelles il deviendra donc le représentant
du monarque.