Colonisation des Petites Antilles (1624 à 1660)
Décennies

24 mai 1651
La Compagnie vend au représentant de l'Ordre de Malte, le sieur
de Souvré, les îles Saint-Christophe, Saint-Martin, Sainte-Croix et
Saint-Barthélémy pour 120 000 francs. Le grand-maître de l'Ordre, Jean de
Lascaris-Castellar, confirme alors le général de Poincy dans son emploi de
gouverneur avec le rang de bailli. - Peu après le chevalier de Montmagny sera
envoyé aux îles pour lui succéder; mais il aura le tact d'attendre que Poincy
se retire de lui-même: le futur gouverneur mourra en 1657, laissant Poincy
seul maître de l'île.
mars 1653
Le roi de France ratifie un document selon lequel le Grand Maître
de l'Ordre de Malte jouit directement de la propriété et de la souveraineté de
Saint-Christophe et de ses dépendances, incluant la possession de toutes les
fortifications, le droit de patronage de toutes les églises, et le pouvoir
royal de nommer juges et officiers pour juger dans les affaires civiles et criminelles.
automne 1653
La colonie française de Marie-Galante accueille des Caraïbes de
la Dominique qui revenaient d'un raid sur Antigua. À leur retour chez eux, ils
découvrent leur village pillé par une bande de Martiniquais. En représailles,
ces Indiens iront massacrer tous les colons de Marie-Galante.
octobre 1653
À la Guadeloupe, le gouverneur Charles Houël envoie son frère le
chevalier Robert Houël et 100 hommes ériger un fort à Marie-Galante. Le
chevalier étant de retour à la Guadeloupe, son frère enverra le capitaine
Le Roy du Mé attaquer la Dominique en guise de représailles pour le massacre
de Marie-Galante.
1654
Des Néerlandais, fuyant Pernambuco repris par les Portugais, arrivent à
la Martinique où ils demandent à M. du Parquet de s'établir et de jouir des
mêmes droits que les colons français. Quoique sympathique à ces gens qui
apportaient expertise et expérience, le gouverneur refuse à la suite des
pressions exerçées par les Jésuites, qui n'appréciaient guère que plusieurs de
ces étrangers soient juifs. Alors les réfugiés hollandais vont à la Guadeloupe
où Houël les accueille avec joie: il s'en établit 900 environ (incluant les
esclaves) dans son île. Peu après, M. du Parquet en accueillit un navire plein
à la Martinique, se repentant d'avoir céder aux pressions des Jésuites. Du
Tertre parle de 1200 Hollandais qui s'établirent dans les Antilles françaises
dont 900 à la Guadeloupe parmi lesquels 300 Flamands et Wallons, des soldats
expérimentés. Mais, bientôt, les leaders hollandais et les juifs se
désintéressent de la culture du sucre et du tabac pour vendre de la nourriture
pour de l'argent au lieu que pour du tabac, récupérant ainsi tout l'argent
qu'ils avaient dépensé dans leur arrivée dans les Antilles françaises.
1654
Début d'une longue et sauvage guerre entre les Français et les Caraïbes.
Lors de cette première année de guerre, M. du Parquet remplace son cousin
Le Comte à Grenade par Louis Caqueray de Valmenière; à Sainte-Lucie, Rosselan
doit céder sa place au capitaine La Rivière. À Saint-Lucie, les Caraïbes
chassent les Français, commandés par le sieur Haquet depuis la capture de La
Rivière, massacrant la plupart d'entre eux; en représailles, M. du Parquet
enverra le sieur Coutis pour rétablir le colonie. M. de La Perrière ira
ensuite attaquer Saint-Vincent qu'il ravagera pendant huit jours. Dans le même
temps, à la Martinique, M. du Parquet devra repousser une attaque hollandaise
ce qu'exécutera Guillaume d'Orange.
8 juillet 1654
Le gouverneur Charles Houël, qui va en France pour s'assurer
pour lui seul la possession de la Guadeloupe, nomme son frère, le chevalier
Robert Houël, et son neveu Charles de Boisseret d'Herblay pour commander en
son absence. Il y avait alors dans l'île 1200 hommes aptes à porter les armes
dont 300 Portugais.
février 1655
À la Guadeloupe, à l'annonce de l'arrivée aux Antilles de la
flotte de l'amiral William Penn, le chevalier Robert Houël met l'île en
défense; mais l'amiral Penn se contente de prendre la direction de
Saint-Christophe en apercevant les hommes armés.
28 septembre 1656
En provenance de France, le R. P. du Tertre et M. de
Maubray, agent du comte de Cérillac, arrivent à la Martinique où M. du Parquet
accepte de vendre à Cérillac la Grenade et les Grenadines. Après avoir visité
ces îles, Du Tertre et Maubrey repasseront en France. - En 1647, le R. P.
Du Tertre avait été choisi pour accompagné le gouverneur Patrocles de Thoisy en
France. À Paris, il avait vécu au couvent des dominicains; puis, en 1655, il
avait été approché par un aventurier, Jean Faudaos comte de Cérillac, auquel
il suggéra de s'établir à la Grenade.Le 11 juillet 1655, Cérillac et Dutertre
avaient quitté Nantes pour les Antilles;mais ils furent capturés par des Anglais
et conduits prisonniers à Plymouth.
En juillet 1656, Dutertre et l'agent de Cérillac appareillaient toutefois de
Texel pour la Martinique.
fin 1656
Charles Houël est de retour à la Guadeloupe après un séjour en
France où il avait épousé une Mlle Hencelin; son beau-frère, Jean de Boisseret
d'Herblay, était mort durant son séjour. À son arrivée, Houël renvoie son
frère Robert en France, sous prétexte qu'il a maintenant une épouse qui
veillera sur ses intérêts. Ensuite il emprisonne son neveu Charles de
Boisseret d'Herblay, mais le libère bientôt; il sera expédié ensuite en France
par son oncle qu'il avait menacé parce qu'il avait disposé arbitrairement des
biens de son père Jean. Par la suite, Houël élèvera les taxes et les habitants
se révolteront, mettant à sa place Boisseret de Téméricourt, le frère de son
neveu Boisseret d'Herblay. Houël promettra alors d'abolir les taxes la corvée
et la moitié des taxes qui payaient les dépenses militaires: il expédiera
ensuite Téméricourt en France et ne tiendra nullement sa promesse.
1656
Un violent ouragan dévaste la Guadeloupe; et la Martinique, quoique
épargné, subit un fort séisme. À la fin de l'année, à la Guadeloupe, deux
nègres de la Guadeloupe, Pèdre et Jean Le Blanc, fomentent une révolte pour
massacrer tous les blancs et se couronner «rois de Capsterre et de
Basseterre»; mais le gouverneur Houël parvient à contrecarrer leurs plans. Il
y en aurait une aussi à la Martinique au cours de laquelle s'illustra
Guillaume d'Orange, que ses nègres n'avaient point quitté, car il les traitait
bien. Au cours des deux années suivantes, les nègres marrons, aidés par les
Caraïbes, continueront à inquiéter les blancs.
7 octobre 1657
L'expédition du comte de Cérillac, forte de 400 hommes, est
prête à quitter la France), mais son départ est retardé au mois de décembre.
Une tempête la repousse en Angleterre. Alors le comte de Cérillac décidera
d'envoyer son lieutenant à sa place: Cérillac ne viendra pas lui-même à
Grenade avant 1661.
18 octobre 1657
La paix est conclue entre les Caraïbes et le gouverneur de la
Martinique, Dyel du Parquet.
1658
Un certain Dubuc succède à Valmenière comme gouverneur de Grenade. À la
différence de son prédécesseur, Dubuc traite durement ses administrés dont
plusieurs retourneront à la Martinique.
3 janvier 1658
À la Martinique, mort du gouverneur Jacques Dyel du Parquet.
4 janvier 1658
À la Martinique, la veuve de Dyel du Parquet, Marie Bonnard
entreprend des démarches pour assurer la possession de l'île à ses fils
Jean-Jacques Dyel d'Esnambuc (huit ans) et Louis Dyel du Parquet (cinq ans).
Elle réunit un conseil dont font parti les supérieurs des jésuites (Boulogne)
et dominicains (Benin). Le jour suivant, le père Feuillet sera envoyé en
France (via Saint-Christophe où il s'embarquera avec le capitaine Béliard)
pour assurer la succession auprès du Roi. À son départ, Mme du Parquet sera
nommée régente pour ses fils. - Mme du Parquet s'attirera la haine des colons
normands (compatriotes de son défunt mari) au profit des gens originaires de
Paris comme elle et qu'elle favorise, tel M. de Maubray, lequel, après
quelques différend avec le comte de Cérillac, était revenu à la Martinique.
Les mécontents seront dirigés par Médéric Rolle sieur de Gourselas, que feu du
Parquet avait choisi comme lieutenant cinq ans auparavant. Finalement
Gourselas forcera la Mme du Parquet à expulser Maubrey vers Antigua.
22 juillet 1658
Réunion du conseil de la Martinique, présidé par Mme du
Parquet: Gourselas est confirmé dans ses fonctions de gouverneur en exercice.
6 août 1658
À une réunion du Conseil de la Martinique présidé par Gourselas,
Mme du Parquet est emprisonnée à l'instigation de l'un des chef de la révolte,
M. de Plainville. Ensuite les Martiniquais (dont les chefs sont alors
Beausoleil et François Rolle de Loubière) devront combattre les Caraïbes.
15 septembre 1658
Le Roi de France accorde le gouvernement de la Martinique
et de ses dépendances aux orphelin de M. du Parquet, plaçant le frère du
défunt, Adrien Dyel de Vaudroques, comme gouverneur avec sa belle-soeur,
Marie-Bonnard (la veuve) jusqu'à la majorité de l'ainé. Des parents du
gouverneur défunt, Jean Dyel des Hameaux et Jacques Dyel de Miromesnil, ont
obtenu gain de cause dans cette affaire, au détriment de l'ordre de Malte, en
soudoyant diverses personnalités.
31 octobre 1658
Une «contre-révolution» éclate à la Martinique: Mme du
Parquet est reconnue par le Conseil comme son chef et elle expulse Loubière de l'île.
août 1659
Confiant le gouvernement de la Martinique à Gourselas, Mme du
Parquet se rend en France. Un mois, après son départ, Marie Bonnard veuve du
Parquet mourra au beau milieu de l'Atlantique où son corps sera jeté avec
cérémonie parce qu'une violente tempête avait éclaté après sa mort et que
l'équipage superstitieux ne voulait pas retourner à la Martinique pour
l'inhumer auprès de son mari comme l'aurait voulu leur capitaine.
12 avril 1659
Mme de Boisseret signe avec son frère le chevalier Robert Houël
un contrat en vertu duquel elle lui cède la moitié de ses droits de propriété
sur la Guadeloupe et dépendances jusqu'à concurrence d'une valeur de 30 000
francs, en retour de quoi il devait préparer une expédition pour faire
reconnaître les droits de ses deux fils. Entre-temps Mme de Boisseret a envoyé
son aîné Charles de Boisseret d'Herblay à la Guadeloupe.
juillet 1659
Robert Houël et ses neveux, Boisseret d'Herblay et Boisseret de
Téméricourt, débarquent à Marie-Galante. Menacé d'être attaqué par son frère
Robert et leurs neveux, le gouverneur Charles Houël arrive à un compromis:
quatre représentants de chaque parti et un neuvième arbitre, le chevalier
Charles de Sales, habitant alors Saint-Christophe, trancheront la question.
3 août 1659
À la Guadeloupe, première réunion entre le parti du gouverneur
Houël et celui de son frère et de leurs neveux. Plus tard, ils viendront à
l'accord suivant: Boisseret d'Herblay obtiendra une partie de la Guadeloupe et
Marie-Galante (laquelle sera érigée pour lui plus tard en marquisat),
Desiderade et la petite île de Petite Terre; Charles Houël conservera le reste.
fin novembre 1659
M. de Vaudroques arrive à la Martinique pour prendre
possession du gouvernement de l'île pour son neveu, le jeune Dyel d'Esnambuc.
C'est sous son mandat (1660) que sera conclu le fameux traité entre Anglais,
Français et Caraïbes.